Maroc: Les progrès de la consécration de l’égalité

Les progrès accomplis par le Maroc en matière de promotion de la condition de la femme contribueront, à n’en pas douter, à la consécration de la culture de l’égalité et à l’encouragement d’un plus large l’accès des femmes aux postes de responsabilité et de décision, a affirmé Mme Nouzha Skalli, ministre du Développement social, de la Famille et de la Solidarité.

Dans un entretien à la MAP à l’occasion de la célébration, le 8 mars, de la Journée mondiale de la femme, la ministre a dit envisager avec optimisme l’avenir de la femme marocaine, eu égard aux étapes importantes déjà franchies et aux choix opérés par le Maroc pour enrichir le dispositif législatif qui participe de la protection des droits de la femme et de sa promotion aux plans économique et social.

La réalisation de davnatage d’acquis, a-t-elle ajouté, est tributaire de la conjugaison des efforts de tous les partenaires dans ce domaine, particulièrement les organisations de la société civile et des médias qui, plus que jamais, sont appelés à changer l’image stéréotypée et réductrice qu’ils donnent de la femme.

La femme marocaine, a-t-elle poursuivi, a réalisé des acquis certains dans plusieurs domaines et enregistré une présence distinguée aussi bien au niveau du gouvernement et du Parlement qu’à celui de la représentation diplomatique.

La femme marocaine occupe désormais des postes importants et exerce des métiers qui, jusqu’à un passé récent, étaient exclusivement réservés aux hommes, a-t-elle relevé, estimant que ces réalisations constituent un motif de fierté pour la femme marocaine qui continue de s’investir pour engranger d’autres acquis.

Elle a rappelé, dans ce sens, la levée par le Maroc des réserves sur la Convention internationale sur l’élimination de toutes formes de discrimination à l’égard de la femme, décision annoncée dans le message Royal adressé au Conseil consultatif des droits de l’Homme à l’occasion du 60e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’Homme.

Mme Skalli a souligné que cette avancée importante s’ajoute à plusieurs acquis obtenus par la femme marocaine, dont le Code de la famille (Moudawana) qui a constitué un saut qualitatif sur la voie de l’édification d’une société fondée sur des relations familiales où règnent la justice et l’égalité. Ce dispositif a été conforté par d’autres mesures tel que l’amendement du code de la nationalité qui permet désormais d’octroyer aux enfants la nationalité de leur mère marocaine, si elle est mariée à un étranger.

La ministre a cité également, dans ce cadre, la stratégie de lutte contre la violence basée sur le genre, l’adoption d’une approche du genre social dans l’élaboration du budget, la Charte nationale sur la valorisation de l’image de la femme dans les médias, la nomination de 7 femmes au poste de ministres et la présence de 34 autres au Parlement.

La ministre a également salué l’initiative Royale de décréter le 10 octobre «Journée nationale de la femme marocaine», estimant que la célébration de cette journée se veut un signe fort de la détermination du Maroc à consacrer les principes d’égalité et d’équité en tant que valeurs fondatrices des droits fondamentaux des citoyens et des citoyennes.

D’autre part, Mme Skalli a mis en exergue les campagnes de sensibilisation et les stratégies arrêtées par le ministère visant la promotion de la situation de la femme marocaine et l’action des associations féminines ainsi que des différentes composantes de la société civile pour encourager et élargir le champ d’action du réseau des Centres d’écoute à l’adresse des femmes victimes de violence au niveau des régions du Royaume, rappelant la mise en place d’un système de données informatisées sur la violence basée sur le genre, en partenariat avec le ministère du Développement, de la famille et de la solidarité, le ministère de la Justice, la Gendarmerie Royale et la Sûreté nationale.

Elle a dans ce sens souligné l’intérêt du numéro vert consacré à l’écoute des femmes victimes de violence qui constitue un moyen commode et gratuit de communication à distance pour la dispense de services, notamment l’orientation juridique, sanitaire et psychologique des femmes victimes de violence.

Le ministère, a-t-elle ajouté, s’emploie à lutter contre ce phénomène tout comme il s’investit pour renforcer les compétences des femmes marocaines afin de les habiliter à accéder aux postes de décision garantissant leur présence dans la vie politique, notant, dans ce cadre, que d’autres objectifs sont inscrits dans l’agenda particulièrement ceux relatifs à la représentation locale de la femme.

Et la ministre de relever que le pourcentage de la représentation des femmes au niveau des collectivités locales atteint seulement 0,56% de l’ensemble des élus, et la Chambre des conseillers ne compte que 3 femmes.

Mme Skalli a rappelé à cet égard l’organisation de deux colloques nationaux sur les thèmes «la participation politique des femmes : un levier de développement social” et «la participation politique des femmes du milieu rural» qui ont mis l’accent sur le renforcement de la participation de la femme marocaine en milieu rural, outre l’organisation de campagnes de sensibilisation sur la participation politique de la femme au sein des collectivités locales des différentes régions , et ce en partenariat avec des ONG.

De telles initiatives entrent dans le cadre des mesures incitatives à la participation de la femme aux élections communales de 2009, a-t-elle dit. Concernant l’approche du genre social, la ministre a indiqué que cette approche est intégrée dans presque tous les programmes gouvernementaux afin de réduire les inégalités entre les sexes et lutter contre la marginalisation des femmes.

Le ministère a entrepris, à cet égard, des initiatives visant à intégrer systématiquement cette approche dans des plans de développement afin de consacrer l’égalité des chances entre les hommes et les femmes et éliminer toutes les entraves au progrès de la femme et à sa participation politique, en s’attaquent aux problèmes de l’analphabétisme, la pauvreté et le chômage.

Elle a ajouté que tous les secteurs concernés conjuguent leurs efforts pour la promotion de la situation de la femme, tant au niveau de l’encouragement de la scolarisation des filles, surtout en milieu rural, qu’au niveau de l’amélioration des services sanitaires et de la formation à l’emploi, se félicitant de la prise de conscience quant à l’importance de l’amélioration de la condition des femmes ainsi que du rôle joué par la société civile en tant que force de proposition dans le domaine du développement social et de la solidarité.

MAP

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