Droits de l’homme : l’Algérie sous le feu des ONG à Genève

Par AFP le 14/04/2008 à 17:19

Les pays arabo-islamiques tentent de confisquer le temps de parole au Conseil des droits de l’homme de l’ONU pour éviter les questions qui fâchent, a dénoncé lundi à Genève la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH).  En marge de l’examen de l’Algérie par la nouvelle procédure du Conseil des droits de l’homme, l'”Examen périodique universel” (EPU) qui entame sa deuxième semaine à Genève, les défenseurs des droits de l’homme ont à nouveau critiqué les défauts du mécanisme.

“Le bloc latino-européen a posé des questions se fondant sur les documents des ONG et du Haut commissariat aux droits de l’homme, et un second bloc composé des pays arabes et de l’OCI (Organisation de la conférence islamique) a tenté un hold-up du temps de parole et évité les problèmes majeurs des droits de l’homme”, a critiqué devant la presse Julie Gromellon de la FIDH.

Les pays arabo-islamiques ont “encore une fois tenté de déplacer le débat sur les droits civils et politiques vers celui sur les droits économiques, sociaux et culturels”, a-t-elle ajouté. “Contrairement à ce qui s’est passé pour la Tunisie, il y a quand même eu une évaluation de l’Algérie (par le Conseil), mais tronquée. On a évacué les questions sur l’impunité et les disparitions forcées”, a relevé Julie Gromellon.

Dans son rapport remis au Conseil des droits de l’homme, l’Algérie a indiqué que “malgré un contexte de crise qui a duré plus d’une décennie où la difficulté d’allier liberté et sécurité était omniprésente, l’Etat républicain a continué de fonctionner normalement”. Or le Collectif des familles de disparus en Algérie comptabilise 8.200 dossiers de personnes disparues du fait des forces de l’ordre depuis le début des années 1990.

“Dans le dossier remis par l’Algérie au Conseil, il n’est fait mention nulle part du dossier des disparitions forcées”, a déploré Nassera Dutour, porte-parole du Collectif qui refuse “de clore le sujet” comme le souhaiterait Alger. Le choix de la Concorde civile et de la Réconciliation nationale proposé par Alger en 1999 et 2005 “ne sacrifie ni la mémoire ni ne consacre l’impunité. Il est la voie de la sagesse que la société martyrisée a décidé d’emprunter pour cultiver le pardon”, se défend Alger dans son rapport.

Source : http://www.toutsurlalgerie.com/algerie-droits-de-l-homme-ong-3221.html

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